Evolution Historique

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Si le Pont l’Evêque est vraisemblablement le plus ancien, le Livarot était le plus commun au XIX° siècle car fabriqué dans à peu près toutes les fermes, à partir d’un lait écrémé favorisant la production de beurre alors que le Camembert, le plus jeune, inventé en 1791, et, aujourd’hui le plus vendu, bénéficia en premier des avancées technologiques :

- de l’arrivée du chemin de fer à partir de 1850. Alors qu'il fallait 3 jours pour rejoindre Paris en diligence, avec les premiers trains, 6 heures suffisaient pour retrouver des camemberts sur les étals aux Halles, " le ventre de Paris ".

- de l’invention de la boîte en bois en 1890. Elle permit au camembert d'être acheminé sans dommage sur de longues distances. Jusqu'à cette date, le camembert voyageait sur un lit de paille, ce qui n’autorisait que de courts trajets.

- de la climatisation, de la prévention contre les méfaits des rats et des mouches dans les hâloirs.

- des techniques de ramassage et de conservation du lait, … du froid industriel qui se traduisirent par la création et le développement de centres de production de plus en plus conséquents.

Ces évolutions expliquent la mutation des productions : l’industrialisation, l’accroissement de la productivité, mais, aussi la raréfaction des productions fermières et la disparition de la quasi totalité des autres fromages normands : les Lisieux, Mignots ou Mignons, Trouville, les Bondes, Bondon ou Bondart, les Maromme, Incheville, Villedieu et autre Rouennaise qui reste des appellations locales.

Seul, le Neufchatel tire son épingle du jeu, comme fromage du Terroir, malgré sa forme de cœur difficile à emboîter.

Le pavé d’Auge subsiste aussi, mais beaucoup plus difficilement.

Les chiffres de production ont dès lors connu une croissance importante.

Au début du XIX° siècle, un petit fermier voyait son troupeau de 2 ou 3 vaches à lait lui donner en moyenne de 6 à 8 pots par jour par bête (1 pot = 2 litres), ce qui faisait de 8 à 12 pots à transformer en fromages, sans compter la crème et le beurre.

Avec 2 500 litres de lait par an et par vache, il pouvait faire en moyenne une centaine de camemberts, ou 60 à 70 livarots (3 litres à 3,5 litres de lait écrémé par fromage en hiver, 4 à litres en été), ou 120 à 140 ponts l’Evêque.

Vers 1935, les plus grandes fromageries fabriquaient 4 à 5000 camemberts par jour à partir des 10 à 12000 litres de lait collectés.

Aujourd’hui, on parle de 60 à 70.000 fromages/jour pour des maisons comme Lepetit ou Lanquetot (Camemberts au lait cru) … et de 350.000 fromages/jour à la fromagerie de Domfront (Président) correspondant à une collecte quotidienne de 800.000 litres de lait !