Annexes

Les Fromages Normands

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" La trilogie* fromagère normande traditionnelle " regroupe des fromages à pâte molle non cuite et non pressée au lait de vache.* Cette trilogie est restrictive car elle ne correspond qu'à des fromages du Pays d'Auge. Il serait plus exact de parler de "quadrilogie" ou de quadrille des fromages normands traditionnels en incluant le Neufchatel du Pays de Bray.

Au début du XIX° siècle, un petit fermier voyait son troupeau de 2 ou 3 vaches à lait lui donner en moyenne de 6 à 8 pots par jour par bête (1 pot = 2 litres), ce qui faisait de 8 à 12 pots à transformer en fromages, sans compter la crème et le beurre.

Ces produits d’origine fermière expliquent la similitude des installations et des procédés de base.

Le taux d’écrémage, les modes de fabrication et d’affinage déterminent les types de fromage et varient suivant les saisons.

Avec 2 500 litres de lait par an et par vache, un fermier pouvait alors faire en moyenne une centaine de camemberts, ou 60 à 70 livarots (3 litres à 3,5 litres de lait écrémé par fromage en hiver, 4 à litres en été), ou 120 à 140 ponts l’Evêque.

La notion actuelle de taux de matière grasse sur extrait sec exprime le niveau d’écrémage qui influe directement sur les productions complémentaires de beurre et de lait.

Elle est définit à 23% pour le Pont l’Evêque, 21 % pour le Camembert et 19 % pour le Livarot.

Si le Pont l’Evêque est vraisemblablement le plus ancien, le Livarot était le plus commun au XIX° siècle car fabriqué dans à peu près toutes les fermes, à partir d’un lait écrémé favorisant la production de beurre alors que le Camembert, le plus jeune, inventé en 1791, et, aujourd’hui le plus vendu, bénéficia en premier des avancées technologiques :

- de l’arrivée du chemin de fer à partir de 1850.

- de l’invention de la boîte en bois en 1890.

- de la climatisation des hâloirs.

- des techniques de ramassage et de conservation du lait,

qui se traduisirent par la création et le développement de centres de production de plus en plus importants.

Ces évolutions expliquent la mutation des productions : l’industrialisation, l’accroissement de la productivité, mais, aussi la raréfaction des productions fermières et la disparition de la quasi totalité des autres fromages normands : les Lisieux, Mignots ou Mignons, Trouville, les Bondes, Bondon ou Bondart, les Maromme, Incheville, Villedieu et autre Rouennaise qui reste des appellations locales.

Seul, le Neufchatel tire son épingle du jeu, comme fromage du Terroir, malgré sa forme de cœur difficile à emboîter.

Le pavé d’Auge subsiste aussi, mais beaucoup plus difficilement.

Le Camembert prédomine.

Ses chiffres de production ont dès lors connu une croissance importante.

Vers 1935, les plus grandes fromageries fabriquaient 4 à 5000 camemberts par jour à partir des 10 à 12000 litres de lait collectés.

Aujourd’hui, on parle de 60 à 70.000 fromages/jour pour des maisons comme Lepetit ou Lanquetot (Camemberts au lait cru) … et de 350.000 fromages/jour à la fromagerie de Domfront (Président) correspondant à une collecte quotidienne de 800.000 litres de lait !